Cabraal l’Exorciste

Goya Saturne

 

-         Les morves ! hurle Maraa. Merde ! Merde !

-         Ils ont dû pénétrer par des souterrains, gémit presque Cabraal. Ne restons pas ici, ils sont trop nombreux. Il faut fuir !

Le sorcier jette un regard circulaire et inquiet autour de lui. Sa face maigre et hirsute le fait ressembler à un rat pris au piège. La grande salle en forme d’étoile donne sur plusieurs tunnels ténébreux et il est presque impossible à une oreille humaine de distinguer de quel passage montent les grognements. Mais le sorcier n’est pas tout à fait humain. Il ferme les yeux, paraît encore une fois perdre conscience.

-         Par ici ! crie-t-il soudain. Le passage Nord !

A la suite de tes compagnons, tu te précipites dans le couloir sans lumière. Trois morves sont déjà à vos trousses. Ils sont étonnamment rapides, tu sens leur souffle froid et âcre dans ton dos. Ils sont sur vous. Tu te retournes, lèves et abats ton tranchoir. Tu hurles et tu dépièces, les membres boursouflés des morves tombent en giclées de pus sur les dalles. Les abominations gémissent, rampent, meurent une deuxième fois. A tes côtés, Maraa fend les ténèbres et les chairs grises de son épée, Maraa défend chèrement sa peau, sa vie, Maraa …

Maraa…

-         Maraa !

Non. Non. Tes yeux accoutumés à l’ombre saisissent l’instant où les crocs du morve s’enfoncent dans le cou d’ambre. Non. Non. L’artère palpite et se grise, les yeux de Maraa te fixent une dernière fois, les yeux de Maraa sont deux vagues claires, elle veut te dire quelque chose mais tu n’entends pas, les yeux de Maraa se ferment, s’ouvrent, ils sont deux mares noires et infectes. Tu tranches la tête bourgeon de pus du morve, son tronc égueulé vomit un jus nauséabond et visqueux, mais il est trop tard. Tu entends le sorcier, cours, il est trop tard pour elle, elle, elle c’est Maraa, Maraa, il est trop tard pour elle, elle est tombée, son corps est déjà froid sur le sol. Cours, cours. Tu te dégages de l’étreinte d’un morve, ils sont dix, cent, mille, moorrrhh tsshhookk et tu fuis. La peau du sorcier luit faiblement dans l’obscurité, tu te diriges vers lui, il n’y a plus d’autre humain que toi dans cette crypte. Tu te retournes. Tu crois la voir qui se relève à l’autre bout du couloir, au milieu des autres.

 

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