Evaporata

 

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Approach to Venice (Turner, 1843)

 

Venise, un monde entre deux mondes, un pont jeté par des marchands d’or ou de rêves entre Orient et Occident, entre réalité et irréalité, une ville évaporée, déjà morte et embaumée mais qui se donne en représentation et joue à ne pas le savoir. Dans ce théâtre de songes, Paul passe avec Hélène trois longues semaines qui, dans sa mémoire altérée par la persistance de certaines sensations, telle vision crépusculaire de la lagune, tel moment de recueillement dans le ghetto, lui paraîtront plus tard une année, trois longues semaines qui leur donnent pour le moment à s’apprivoiser encore.

« Tu ne me connais pas réellement, et tu ne me connaîtras jamais vraiment », lui dit Hélène, dont les yeux d’émeraude revêtent alors de manière inattendue un sombre voile de mystère. Son avertissement semble à Paul, dans des proportions indéfinies, en partie inspiré, peut être de manière inconsciente, par l’atmosphère d’étrangeté qui plane sur l’endroit, mais lui parait en partie sincère, et il en éprouve une inquiétude confuse, comme si un jeu agréable s’achevait, comme s’il risquait de perdre ce qui ne lui semble désormais plus possible que l’on détache de lui, un sentiment de plénitude, un amour, un autre lui-même.

1 commentaire à “Evaporata”


  1. 0 pirouette 10 nov 2012 à 10:32

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