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Archives pour novembre 2012

Cabraal l’aventureux (épisode 10)

 

Cabraal l'aventureux (épisode 10) goya-saturne-devorant-ses-enfants

Saturne dévorant ses enfants (Goya, 1819-1823)

 

20 Sévères, mois de Courtenuit, Année 1163

 

A mesure que nous descendons, il fait de plus en plus noir et de plus en plus chaud. Arrivés tout au fond, des runes posées là par d’anciens voyageurs nous font saisir la triste vérité… Nous sommes bel et bien dans le trou du cul d’Orcus ! Orcus le démon gigantesque, qui roupille là depuis des siècles, roulé en boule dans cette montagne creuse presque trop petite pour lui, le postérieur malencontreusement tourné vers l’entrée… Tout s’éclaire à présent !

Nous convenons tous qu’il faut sortir d’ici (tous sauf Samkhya, notre voleuse, qui s’est apparemment déjà éclipsée avec les lettres de change ardument  négociées à Palabre pour salaire de notre mission).

Cabraal l’aventureux (épisode 9)

 

Cabraal l'aventureux (épisode 9) frazetta-femme-au-serpent

Femme au serpent (Frazetta)

 

19 Vénères, mois de Courtenuit, Année 1163

Le problème, c’est qu’une fois de plus, j’ai mal choisi mes compagnons d’aventure : un exorciste psychorigide (mais ne le sont-ils pas tous plus ou moins, pour croire à ce qu’ils font ?), une prêtresse nymphomane, un guerrier psychopathe, un éclaireur schizophrène…et j’en passe. Heureusement, mon brave Finadel est là, mon si aimable confrère sorcier, sa conversation toujours étrange et son exquise bouilloire à thé me permettent de ne pas sombrer dans une dépression totale.

Pour résumer la situation, nous nous sommes enfoncés dans les sombres et fétides cavernes du mont Shorkosh (les cavernes, elles, ne montent pas, mais descendent !) Les habitants, sombres, poilus, écailleux, se sont rapidement révélés très impolis, et Furlord, notre guerrier, a dû à regret procéder à leur extermination systématique.

Nous progressons.

 

Evaporata

 

Evaporata turner_1843_approach_to_venice_jpg

Approach to Venice (Turner, 1843)

 

Venise, un monde entre deux mondes, un pont jeté par des marchands d’or ou de rêves entre Orient et Occident, entre réalité et irréalité, une ville évaporée, déjà morte et embaumée mais qui se donne en représentation et joue à ne pas le savoir. Dans ce théâtre de songes, Paul passe avec Hélène trois longues semaines qui, dans sa mémoire altérée par la persistance de certaines sensations, telle vision crépusculaire de la lagune, tel moment de recueillement dans le ghetto, lui paraîtront plus tard une année, trois longues semaines qui leur donnent pour le moment à s’apprivoiser encore.

« Tu ne me connais pas réellement, et tu ne me connaîtras jamais vraiment », lui dit Hélène, dont les yeux d’émeraude revêtent alors de manière inattendue un sombre voile de mystère. Son avertissement semble à Paul, dans des proportions indéfinies, en partie inspiré, peut être de manière inconsciente, par l’atmosphère d’étrangeté qui plane sur l’endroit, mais lui parait en partie sincère, et il en éprouve une inquiétude confuse, comme si un jeu agréable s’achevait, comme s’il risquait de perdre ce qui ne lui semble désormais plus possible que l’on détache de lui, un sentiment de plénitude, un amour, un autre lui-même.

(R)hommes

 

(R)hommes  roms

(photo Paul Sjazner)

 

A la porte des villes

ni dedans ni dehors

puisant parfois à la fontaine

rentrant le soir à leurs voitures

là-bas

immobiles

en poche quelques pièces de cuivre

celles dont on ne se sert pas

et que l’on donne

sous leurs chaussures

de la poussière des routes

et des rêves d’or

faits d’une autre langue

et qu’ils taisent

 

Pikadon

 

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Nagasaki, 9 août 1945

 

Lumière

aveuglement de la cité

cœur d’été calciné

déchirement du ciel

tonnerre et souffle

fusion de la peau et des os

et poussière

et obscurité

- brûlante obscurité

qui s’évanouit

peu à peu

dans une pâleur nouvelle

quelques cerisiers noirs dessinent des ombres allongées

sur des écoliers absents mis en rangs deux par deux



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